Cette petite flamme qui danse

Cette année Les 3A nous ont proposé de jouer à un jeu : imaginer les 3 ou 4 prochaines années de la Compagnie l’Aurore. Autrement dit penser un projet artistique cohérent sur le long terme, et travailler sur sa traduction budgétaire.

Ouh là là … Moi qui parviens péniblement à me projeter sur les 12 à 18 mois suivants … Moi qui vis les « projections budgétaires » comme un truc qui fait mal à la tête … L’idée ne m’a pas tout de suite enchanté …

Et puis, finalement, on s’est dit que c’était d’abord et avant tout l’opportunité de se donner le temps du rêve. Alors, on a dit « chiche ! ».

Et comme notre boulot, c’est d’inventer des histoires, eh bien on a inventé une histoire.

Une histoire qui commence avec Piheup, le garçon seul dans la ville – que certains d’entre vous ont déjà vu, et qui se poursuivra dans deux spectacles à venir : Sovann, la petite fille et les fantômes, puis Malis, la petite voix dans la tête.

Une histoire de famille, racontée par bribes, dans trois époques différentes, au Cambodge et en France. Il y sera question de filiation, de transmission, d’intégration, de mémoire et de cultures. On y explorera notre relation au réel et à ce qui ne l’est pas, au visible et à l’invisible, au surnaturel, au virtuel et plus que tout, à l’imaginaire.

Cette trilogie, c’est aussi trois prénoms cambodgiens qui nous renvoient à notre propre relation au Cambodge. C’est dans ce territoire originel, celui de la rencontre de l’autre et de l’ailleurs, que nous voulons plonger, pour tenter de révéler une humanité essentielle. Une humanité qui allume une lumière pour ne pas avoir peur dans le noir, une humanité qui surmonte ses angoisses en s’accrochant à cette petite flamme qui danse.

Frederic Vern (Cie L’Aurore)


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