Le vent se lève

Après 10 ans d’aventure avec Les 3A, la Compagnie l’Aurore est sur le départ.

Alors, forcément :

« – Fred, tu veux bien écrire le billet de la newsletter de décembre ?

– Ben oui, bien sûr, pas de problème. »

Quand il s’agit d’écrire un billet, ça ne me pose en général pas trop de difficultés : je suis plutôt rompu à l’exercice. Et j’aime bien ça : c’est comme une photo faite avec des mots.

Pourtant, cette fois-ci, c’est tout sauf évident. Cela fait déjà pas mal de jours que je suis officiellement investi de cette mission, et je n’arrive pas à savoir par quel bout la prendre.

J’ai pensé à un billet « politique » sur la nécessité de l’existence d’une structure comme Les 3A.

J’ai pensé à parler de cette sensation d’être fier et heureux de ce départ tout en ayant du mal à dire au revoir.

J’ai pensé à raconter par le menu tout ce que Les 3A avaient apporté à la Compagnie l’Aurore.

J’ai pensé à dresser un inventaire à la Prévert – des souvenirs en veux-tu en voilà.

J’ai pensé à disserter sur cette étrange séparation qui n’en est pas vraiment une.

J’ai pensé à une sorte de frise chronologique avec des événements marquants.

J’ai pensé à aligner des chiffres : des kilomètres, des projets, des rendez-vous, des tableaux excel, des réunions …

Et puis je suis revenu à moi. Je me suis dit : « pousse-toi, oublie ton cerveau, respire, ferme les yeux, et tu verras ce qui vient ».

Alors voilà, ce qui est venu, ce sont les visages. Le visage de Martine et celui d’Henri. Et puis celui de Chloé, de Benjamin, de Benoît, de Julie, de Fabien, d’Eva, de Brice. Les visages de Cécile, Marie-Laure, Caroline, Jennifer et Yan. Et puis Simon, Flore, Lalao, Marion, Nico, Claire, encore Simon, Flo, Olivier, Lottie …

C’est finalement à ces visages et aux personnes auxquelles ils appartiennent que j’ai envie de m’adresser.

Je veux simplement vous dire la joie et la fierté que j’éprouve d’avoir vécu ce voyage avec vous.

Avec les compagnons de l’Aurore, on a trouvé un rivage qui nous plait bien. On va s’y poser quelques temps.

Vu d’ici, le vaisseau 3A a bien quelques planches de travers et quelques trous dans ses voiles.

Mais le cap est bon et la barre fermement tenue.

La patine splendide et l’équipage gaillard : il a fière allure.

Et puis – vous sentez ? Le vent se lève.

Fred  (Cie l’Aurore)


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